Et si on jouait ?

Chez l’enfant et même chez les grands enfants, le jeu représente la « vie en miniature et le rêve au quotidien ». Il apporte du bien-être et fait grandir dans tous les domaines de la vie.

Extrait de mon mémoire du DEES (Diplôme d’Educateur spécialisé)

  Faire un retour vers l’enfance, ce serait donc de revenir vers la création, vers l’invention, vers la spontanéité, vers le réel. »[1]

Selon Chateau, les principaux caractères du jeu sont la jouissance, l’exercice et la nouveauté.

L’enfant, au cours de sa première année, est amené à explorer son environnement en touchant les objets, (tenter de monter sur les chaises…). Cela devient un jeu quand cela devient une source de plaisir, de jouissance. « Le jeu est jouissance de soi-même ; il cherche un triomphe interne ; par suite, le joueur se désintéresse du résultat concret considéré en lui-même ; ce résultat ne l’intéresse que comme signe d’une réussite ».[2]

«  Ce qui intéresse l’enfant dans les jeux avec son corps, c’est l’instrument qui peut lui fournir en vue d’une réussite. »[3] Il prend du plaisir à courir pour gagner la course, à utiliser la force des bras lors d’une joute à la corde, ou bien utiliser tout son corps pour nager, faire du vélo tout en explorant son environnement qu’il peut s’approprier.

Le jeu est « la voie royale » de l’expression, de la création et de la communication chez l’enfant. Ses fonctions sont multiples : « de l’exploration sensorielle et motrice de l’environnement à la traduction de représentations intérieures, en passant par la maîtrise des rôles, l’apprentissage à la socialisation, jeux spontanés ou organisés, jeux individuels ou collectifs vont devenir si importants durant l’enfance qu’il n’est pas exagéré de dire que cette activité particulière participe de façon décisive à l’édification de la personnalité. »[4]

Le jeu permet d’élaborer l’imaginaire de l’enfant. L’imaginaire est un outil indispensable pour créer, innover. Grâce à l’imagination, l’enfant peut percevoir le monde qui l’entoure et se le représenter mentalement. Avec son passé, plutôt avec sa psychicité construite au fil du temps, il perçoit le monde à sa manière.

Sans l’imagination, l’enfant ne peut pas créer donc ne peut pas évoluer, construire son identité avec des expériences qu’il aurait vécues.

Selon Winnicott[5], le jeu est émanant du sujet lui-même. Le jeu n’est pas à l’extérieur de la personne et ni à l’intérieur. Jouer, c’est faire, c’est à dire que l’enfant joue en faisant quelque chose. Un phénomène se joue entre lui et ce qu’il est en train de faire. Winnicott développe le concept d’espace transitionnel : «  L’enfant qui joue habite une aire qu’il ne quitte qu’avec difficulté où il n’admet pas facilement les intrusions[…] Dans cette aire, l’enfant rassemble des objets ou des phénomènes appartenant à la réalité extérieure et les utilise en les mettant au service de ce qu’il a pu prélever de la réalité interne ou personnelle. Sans halluciner, l’enfant extériorise un échantillon dans un assemblage de fragments empruntés à la réalité extérieur. En jouant l’enfant manipule les phénomènes extérieurs choisis en leur conférant la signification et le sentiment du rêve. »[6]

Le jeu est un support à l’apprentissage de la vie psychique. Le jeu permet d’élaborer l’imaginaire de l’enfant. Mais le jeu participe aussi à la socialisation de l’enfant.

[1]  CHATEAU. J, « Le réel et l’imaginaire dans le jeu de l’enfant », 4ème édition études de psychologies et de philosophie, 1971 p.11

[2] CHATEAU. J, ibid, p.19

[3] CHATEAU. J, ibid, p.19

[4] LEMAY.M, CAPUL.M,  « De l’éducation spécialisée », 2ème édition Erès, Montréal, 1997, p.181

[5]  WINNICOTT D.W, « Jeu et réalité, l’espace et potentiel », éditions Gallimard, nrf, 1975

[6]  WINNICOTT D.W, ibid, p.73

Publié par lesouffleurdemots

Un clown photographe et poète, sourd mais qui aime entendre le monde!

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